C’est à une femme que le groupe italien Oberalp (Salewa, Dynafit, Evolv) a confié en juin dernier les rênes de sa nouvelle filiale Europe du Sud, basée à Bernin près de Grenoble, Marion Alexandre. Un choix de managment qui s’inscrit incontestablement dans la féminisation des sports de montagne, de la randonnée à l’escalade en passant par le trail ou le ski de randonnée. Si les marques de l’équipementier sont leaders sur les marchés germanophones (Allemagne, Autriche, Suisse) et en Italie, elles jouent encore les challengers en France, connues surtout des spécialistes.

La mission de cette ancienne de Commençal, Oakley et dernièrement Salomon ? Accélérer la pénétration de Salewa et Dynafit dans l’Hexagone (mais aussi en Espagne et au Portugal), et d’ici à 2023, lancer la dernière née d’Oberalp, LaMunt. Une marque outdoor 100% féminine qui a la particularité d’être la toute première créée par la société basée à Bolzano, dont le portefeuille s’est constitué par des rachats.

Un réseau de distribution à élargir

Marion Alexandre et ses équipes se sont donc mises en ordre de marche pour accroître la notoriété des marques d’Oberalp auprès des distributeurs français. Fer de lance de cette conquête, un showroom ouvert à Annecy-le-Vieux mi-octobre, où les différentes collections sont mises en valeur pour les professionnels. « Pour accroître notre visibilité en France, nous réfléchissons, outre notre réseau de revendeurs, à l’implantation d’un magasin de marque vitrine dans l’une des grandes villes d’Auvergne-Rhône-Alpes », indique la directrice générale qui veut aussi importer le concept Mountain Shop, magasin dans lequel Oberalp constitue au minimum 60% de l’assortiment.

Le nouveau showroom d’Oberalp à Annecy-le-Vieux pour mettre en valeur ses différentes marques auprès des revendeurs

Exploiter le boom du ski de randonnée

Oberalp France devrait clôturer l’exercice à 11M€ de chiffre d’affaires. Sa dirigeante compte sur l’engouement pour la montagne estivale pour doper son activité et notamment pour le trail, mais aussi sur l’intérêt croissant, accéléré par la Covid-19, pour les disciplines hivernales autres que le ski alpin. Et en particulier le ski de randonnée dont la pratique a explosé l’hiver dernier en France avec la fermeture des remontées mécaniques. Pour Marion Alexandre, ce n’est pas un feu de paille ! Là encore, il y a eu un afflux de pratiquantes qui ont goûté à cette discipline en mode découverte de la nature ou en mode fitness. Marion Alexandre ne doute pas qu’elles y reviennent cette saison, comme une bonne partie de ceux qui l’ont essayée, sans doute en alternance avec le ski alpin.

©Dynafit

De bon augure pour Salewa, mais encore Dynafit, qui contribue à la démocratisation du ski de randonnée depuis plusieurs années, en particulier avec ses tests nocturnes en station. Face à l’afflux d’amateurs depuis trois/quatre ans, la filiale française d’Oberalp s’implique sur le terrain en participant à la réflexion autour de l’encadrement de la pratique et sa sécurisation via le balisage d’itinéraires. Elle accompagne par exemple le Département de l’Isère ou Val Thorens et Les 7Laux avec qui des partenariats ont été noués.

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